Isard Cantabrique

Rupicapra pyrenaica parva


Règne: Animalia
Embranchement: Chordata
Sous embr: Vertebrata
Classe: Mammalia
Ordre: Artiodactyla
Famille: Bovidae
sous-famille: Caprinae

Genre: Rupicapra
Nom binominal: Rupicapra pyrenaica parva





L'isard est un animal sauvage de la famille des bovidés, assez fréquent dans le massif des pics d'Europe et la Cordillère Cantabrique environ 6500 individus dans le parc.
Il fait partie du même genre
Rupicapra que le chamois (Rupicapra rupicapra). Il en diffère aussi par un pelage d'été plus roux et un pelage d'hiver plus clair agrémenté d'un collier de poils noirs au niveau du cou.
Cet animal a été très chassé et a failli disparaître du territoire Espagnol, mais il a pu être préservé grâce à la création du parc national de Covadonga en 1918, pour ensuite prendre le nom de parc des
pics d'Europe en 1995, lors de son extension au massif environnant. L'Isard mesure 110 à 130 cm de long, 70 à 80 cm au garrot et pèse entre 20 et 40 kg. Il a des cornes d'environ 27 cm pour le mâle. Il vit dans les zones rocheuses, les forêts et paturages de la chaîne Cantabrique et des Pyrénées ou il est désormais abondant de nos jours
L'Isard se déplace en hardes souvent sous la conduite d'une femelle. Les mâles isolés ou en groupes se rassemblent d'octobre à novembre, à l'époque du rut, ce qui provoque un surcroit d'activité menant certains d'entre eux au seuil de l'épuisement.
après
20 semaines de gestation le petit cabri naît à la fin du printemps, en juin et devient une des proies préférées des prédateurs, qui dans les Cantabrique se font rares sur certaines zones.
Les isards se reconnaissent à leur robe qui devient couleur fauve en été. Le mâle, plus massif se distingue des femelles, par son cou plus large et ses cornes plus courbes.
L'un des régulateurs les plus importants de la population d'isards, est le froid hivernal.
Les Isards se regroupent en bandes appelées hardes. Une harde se compose du mâle appelé bouc, vivant en solitaire de juin à octobre. Durant la période du rut dès le mois d’octobre, il devient très agressif envers les autres Isards. Il peut aller jusqu’à charger un homme en le confondant avec un congénère, l’évitant lorsqu’il se rend compte de sa méprise. Dans le groupe, on trouve également les femelles, appelée chèvres. Au mois de juin, elle quitte la harde pour aller s’isoler sur d’étroites falaises herbeuses et mettre au monde un cabri qu’elle élèvera jusqu’à l’âge d’un an. Le cabri est aussi appelé chevreau. Il ne quitte jamais sa mère et lorsque cela se produit, la chèvre le rappelle auprès d’elle par un bêlement sourd que certains qualifient de rauque. Si c’est lui qui la perd, il émet un chuintement bêlé auquel elle répond. Les cabris sont très joueurs, ils se poursuivent, font des cabrioles sur les névés et dans les éboulis. A 20 jours des bosses annoncent l’arrivée des cornes. Un cabri ne peut se passer de sa mère qu’après quatre mois, sinon il risque la mort, à moins de se faire adopter par une autre femelle. Mais, l’adoption demeure un phénomène très rare chez l'Isard. "L’éterlou" qui est un chevreau mâle d’une année vit encore avec sa mère, tout comme "l’éterle", la femelle d’un an ils atteignent leur maturité sexuelle entre 2 et 4 ans. La dernière bête composant la harde est la bréhaigne, celle-ci est une vieille femelle stérile.
La harde est constituée d’une dizaine à quelque dizaines d'Isards. Sa composition ne change pas de juillet à octobre où l’on trouve des mères escortées de leur chevreau "éterlou", ainsi que des femelles stériles, des jeunes boucs et parfois de vieux boucs. Les boucs adultes ont quitté la harde et vivent en solitaires ou par groupe de deux ou trois du printemps au mois d’octobre quand débute la saison des amours. C’est la vieille femelle stérile, la bréhaigne, qui mène le groupe. Dans les couloirs d’avalanches ou les passages délicats, c’est elle qui passe la première et les autres suivent un par un. Lorsque la chèvre met bas, vers début juin, elle chasse l’éterlou qui l’accompagne depuis sa naissance et s’isole à son tour de la harde. A l’été, le petit est débrouillard et il rejoindra la harde avec sa mère.
  • Au printemps les Isards quittent la forêt qui les a protégés pendant l'hiver, et repartent plus haut en quête des premières touffes d'herbe. C'est aussi vers cette époque qu'a lieu la mue printanière : qu'ils garderont un peu plus de 3 mois.
  • Fin mai, début juin a lieu la mise à bas. Après moins d'une heure, les chevreaux peuvent se lever, ils intègrent la harde à l'âge d'une a deux semaines, parfaitement capables de la suivre. C'est aussi à cette époque que sont « sevrés » les éterlous de l'année précédente.
  • En été, les Isards bénéficiant d'une nourriture abondante en profitent pour constituer des réserves de graisse qui leur permettront de passer l'hiver.
  • Vers la fin de l'été, au début de l’automne a lieu la seconde mue, peu spectaculaire : ils perdent leur pelage d'été, et de nouveaux poils poussent plus longs et épais, assombrissant progressivement le pelage d'été.
  • C'est en automne qu'a lieu la période du rut.
  • En hiver, la nourriture se faisant rare la mortalité est maximale, elle est par ailleurs corrélée avec l'épaisseur de la couche de neige.
Bien plus que l'altitude de 800m à 2500 m pour les pics d'Europe, c'est le relief qui conditionne l'établissement de l'Isard. Partout où il est présent, on remarque un relief plus ou moins accidenté, leurs sabots permettent une adhérence exceptionnelle sur les terrains les plus escarpés, ceux ci sont composés de deux doigts mobiles en écartement à bordure cornée et d'un coussinet intérieur. Il n'y a aucun exemple d'Isard vivant en terrain plat ou dépourvu de zones rocheuses. Bien qu'il puissent utiliser leur cornes pour se défendre, ils préfèrent la fuite. Leur rapidité et leur agilité sur les rocher n'est égalé que par les mouflons et bouquetins.
Ils fréquentent les zones relativement ombragées. On pourrait en déduire qu'ils n'aiment pas la chaleur. Mais en fait, ce comportement sert à limiter les déperditions hydriques. Ils ne boivent en effet qu'exceptionnellement, se contentant de l'eau de rosée déposée sur l'herbe, ou d’un peu de neige.
La durée de vie moyenne de l'Isard est d'environ 15 ans exceptionnellement 20 ans, vers 10 ans commence la sénescence ou l'on note un amaigrissement et un changement de coloration du pelage. L'évaluation de l'âge se fait par comptage des "anneaux d'âge" des cornes ou observation de la dentition chez les jeunes. Chez l'Isard les cornes sont conservées pendant toute la durée de vie de l'animal, contrairement aux cervidés, elles sont composées de deux parties la cheville osseuse excroissance de l'os frontal et l'étui composé de kératine, leur vitesse de pousse est variable selon l'âge et le régime alimentaire on observe un arrêt de croissance l'hiver donnant lieu aux "anneaux d'âge", qu'il ne faut pas confondre avec les anneaux de parure.